jeudi 5 avril 2007
Haiku - Printemps
Pour
mon anniversaire, j'ai reçu une anthologie du haiku [court poème
japonais de 3 vers, devant comporter un kigo, un "mot-saison" ...
Certains sont vraiment magnifiques, alors je partage avec vous ceux qui
m'ont le plus plu ...
Nuit sans fin -
je pense
à ce qui viendra dans dix mille ans
[ Shiki ]

Un monde ¤
qui
souffre ¤ sous un manteau de fleurs
[Issa]
Prépare-toi à la mort
¤ prépare-toi ¤ bruissent
les cerisiers en fleurs
La solitude * le froid du printemps * rien d'autre [ Uemura Sengyo ]
* * *
Matin de printemps -- mon ombre aussi déborde de vie ! [ Issa ]
Enseveli dans un rêve de fleurs -- je voudrais mourir à l'instant ! [ Ochi Etsujin ]
Puisqu'il le faut * entrainons-nous à mourir * à l'ombre des fleurs [ Issa ]
vendredi 16 février 2007
Rêverie n°1
Rivièrie ou Rêverie n°1 [une rivière en février]
sur { Aquarium de C. S-S}
Je cours sur les grands troncs des peupliers. L’herbe me chatouille le dos, je la fuis et m’élance. Je plonge dans le ciel bleu et me baigne dans son écume nuage. Le soleil me fait flotter, je tournoie et me noie dans ce miel venteux. Les gros yeux nus sont là, ils percent le cocon chaud de ma noyade. Le bleu me glace le cou, celui qu’il caresse. Comme une flamme noire, je danse au milieu de la ronde des arbres. Je languis, velours sur la soie verte que le soleil change en brins d’or vert pomme. Je m’endors sur le cours calme de l’eau. Les nénuphars caressent mes orteils, un lotus fleurit dans mon nombril. Je pleure de l’or et me fond dans la rivière. Elle me couronne de fleurs fraîches et me dépose, endormie sur mon lit de verdure. Ma bouche est entrouverte, et mes lèvres, que décorent de scintillantes perles d’eau, prisons de soleil, rosissent voluptueusement à l’ombre de toute cette douceur.
Le ciel, soudain, fait tomber une goutte de réalité sur ma
langue, c’est froid et acide. Une tempête se lève dans mes entrailles, j’ai
envie de vomir cette fureur de vivre : je la crie. Personne ne
l’entend ; ils rient et se moquent de moi. Le vent ami, se lève et me
venge en les ballottant dans les airs comme de grotesques pantins… Je les
enferme dans un pan de forêt que j’enroule vite sur eux : les voilà
disparus, étouffés. Je respire. La tempête retombe.
J’étends les bras au milieu de mon lit de verdure. Ce corset
qui m’étouffe craque et s’envole. L’eau de la cascade accourt pour voiler ma
claire nudité. L’onde, douce et cliquetante me court sur les reins, la taille,
les seins, les bras et y dépose tous les plus beaux trésors qu’elle ait put
recueillir, joyaux de la rivière et éclats de soleils. Elle orne avec tendresse
ma noire chevelure d’un nymphéa blanc. Je danse, pieds nus sur l’herbe verte,
m’attardant dans les airs, au dessus de la rivière, où le soleil m’enveloppe et
me dore, comme son miroir liquide.
Je suis fatiguée, un nuage descend, je m’allonge sur son coton. Chaud sommeil. Le froid glace ma peau, j’ouvre les yeux. Merci. Je frissonne, mais je le vois à présent. Il est là. Sa main chaude dans mon dos vaut tous les bonheurs du monde .
samedi 6 janvier 2007
And let's forever begin tonight
A présent, le sable du temps va peut-être
Petit à petit, recouvrir la chère image de ton être
Et endormir mon cœur, pour le protéger
De ces jours, dont la perçante douleur
Assaillent, un après un, mon cœur.
Chaque seconde, comme une épine
Et ces longues minutes chagrines,
M’enlèveront sûrement mon peu de raison,
Si, comme toi, je ne prenais pas la résolution
De m’endormir un peu, avant de te retrouver.
Dans ce sommeil, comme dans un cocon,
Je me forgerais, gardant ton souvenir comme un trésor caché ;
Assurant ma volonté, cultivant mes pensées,
Tentant de décupler ce que chez moi tu as aimé.
Et quand je pourrais enfin m’échapper
De ce marchand de sable qui tenait mes yeux, mon cœur fermés
J’irais souffler sur ce sable impudent recouvrant ton image
Et près de toi, je courrai, pour de Toi à nouveau m’imprégner.
Mais peut-être que pour toi, le temps, de son sable
Mon image aura noyé, et la flamme qui peut-être pour moi brûlait,
Se sera éteinte, étouffée par ce temps, ces cendres
Et me fera regretter de n’avoir pris plus tôt ce trésor ardent,
Et de ne pas haïr assez ce calme et invincible assassin.
Bref, de ne t’avoir retenu, tant qu’il en était encore temps.
Mais peut-être que cette flamme, de ce sable méchant
Fait un verre fragile, et qu’enfin réunis
Nous vivrons ce feu désenfoui.
dimanche 10 décembre 2006
Eternel
ETERNEL
Cher amour, en une poussière de temps
Tu m'as rendu prisonnier de ton sourire charmant
Et chacun de tes traits ont éveillé en moi
Des sentiments que jamais je n'avais éprouvé
La rosée du matin n'est qu'une eau boueuse
Qui tremble de honte devant la pureté de ton regard,
Et pour toi je déploierais tous les possibles égards
Pour que la nuit soit illuminée de ton âme heureuse
O toi, qui es ma définition du mot « amour »
O toi, dont l'existence pour moi est péril
Car ton âme m'a rendu stérile
A d'autres pensées que la tienne, cher amour.
Peut importe. Je vivrais de ton ombre
Et de l'onde douce de ta voix.
Tel une fantastique et obsédante apparition
Dans la pénombre, j'appellerais ton nom, jusqu'au moment
Où je ne verrais plus que toi, qui ne me connaît même pas.
Quand je parviendrais à m'éveiller
De ce rêve si tendre qu'est ta vision
Tes yeux m'éclaireront pour arriver
Jusqu'à tes côtés, où mon sort deviendra ta possession
Je m'emplirais de courage en espérant
Que ta bouche prononcera, clémente
Ces mots qui loin de mon coùur
Repousseront l'échafaud
Et que aimante, tu épargneras
La sincérité de mes sentiments
Et si par le plus grand des miracles
Mon amour est partagé
Alors je déposerais sur tes lèvres
Le plus doux des baisers.
Et quand j'ouvrirais les yeux
Tu ne disparaîtras pas
Et à tout jamais, je pourrais être à côté de toi.
Loué soit Cupidon, le plus charitable des dieux
Qui m'a permis de connaître le merveilleux.
Je t'enlèverais dans ma cape de nuit
Et tu deviendras ma prisonnière, ma mie
Ainsi donc, amants éternels
Echapperons-nous au parfum pestilentiel
Que dégage l'amour devenu ennui
Et chacun de nos baisers
Ensemble nous ferons goûter
A la saveur passionnée
Dans laquelle tu m'as enfermé
A tout jamais, contre ton gré.
Ô toi mon ange, viens avec moi
Et nous vivrons ensemble à tout jamais
Et même la mort ne pourra nous séparer
Tant la flamme ardente de mon amour
Est devenue impossible à noyer.
Toute l'eau du Nil ne serait qu'une bruine
Pour ce foyer ardent qui pour toi brûlera à jamais.
Et pourtant une seule de tes larmes pourrait,
Tel le minuscule David contre l'immense Goliath
Venir à bout de ce feu, comme la bourrasque
Souffle sur la braise, et peut l'éteindre comme la raviver.
Mais les instants que j'aurais vécu avec toi
Je te les aurais volé, ma princesse
Et ils m'auront valu une vie de roi
Dont le bonheur n'aura eut d'égal que la tendresse
Et je serais un des rares hommes qui pourra se vanter
D'un jour avoir réellement aimé.
Quand mon corps sans vie aura rejoint le fossé
Pendant ton sommeil sur toi mon Âme sera penchée
Et je t'admirerais, me remémorant les instants merveilleux
Où je t'avais enlevée, toi prisonnière de mon amour
Et que dans la plus haute des tours de ma raison
J'aurais percé le toit, et serais devenu fou
Et je t'aurais embrassé et serré dans mes bras
Jusqu'à me réveiller, hélas si loin de toi.
lundi 23 octobre 2006
Vieux textes [2]
Suite ...
Le voile sombre de la nuit
Empourpre la voûte céleste
Et allume les petits lampions rouges
De part et d'autres du jardin
Les étoiles s'allument
La musique s'éveille
Les coeurs aussi
Trompettes et violons résonnent en une valse entraînante
Les danseurs volent et s'enivrent du vin ou brillent
Les gracieuses petites paillettes qui scintillent
Pâles copies de celles qui naissent dans tes yeux
Je te serre tout contre moi,
La musique se fait plus langoureuse
Les gestes aussi, et finissent
En une étreinte éteinte de toute demande.
J'aime à mourir dans tes bras.
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POSSESSION
Mon amour, pourquoi m'abandonnez-vous parmi les mortels
Vous qui êtes divin ?
Pourquoi vous plaisez-vous à attiser avec tant de ardeur et de zèle
Ce désespéré chagrin ?
La trace froide que laisse l'absence de vos mains sur mon dos et mes joues
Devient baiser gelé sur la peau tiède de mon cou
Je me languis, je me désespère, je me meurs de vous
Que ne donnerais-je pour demeurer à vos côtés
Et pour déposer sur vos lèvres un baiser
Vous verriez la douce folie dans mes yeux troublés
Qui auront cru un instant que vous pouviez m'aimer
Si seulement vers moi vous aviez daigné vous retourner
En prenant ma main, vous auriez senti tout mon coeur battant en elle
En une folle frénésie que provoquait votre simple présence
Et vous auriez compris que de vous seul dépendait ma vie.
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Je m'en vais vous conter
L'histoire d'une jeune demoiselle
Qui, un jour de folie, avait demandé,
Tremblant d'émoi et de zèle
A un jeune et charmant troubadour
De lui jouer le jeu de l'amour
Ne trouvant pas d'humain à qui se donner
Tant ceux qui l'entouraient étaient sans intérêt ni beauté
Pourquoi ne pas payer un homme à l'aimer
Cela aurait l'apparence et la volupté
De ce sentiment que jamais elle n'avait rencontré
Elle pouvait donc se l'imaginer.
Qu'importe qu'elle adule une image rêvée
Qui ressente désir ou pitié
Pour cette pauvre petite Âme qui jamais
Ne connaîtra la vrai chaleur qu'être aimée
Mais peu lui importait, autant essayer.
Avec le temps, le masque tomba
Ainsi les mots n'étaient plus faux
L'amour était là
L'Homme aussi.
Le dieu s'en était allé, évaporé
Réalité et rêve s'étaient unis
Qu'importent le nom et la façon,
Du moment qu'on Vit.
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Ce soir, l'ambiance est à la fête
La musique fait tourner les têtes
L'alcool coule à flots
Ainsi que les mots
Plus rien n'a de sens,
Alors elle avance.
Sobre danse ou sobre transe,
Cela n'a plus d'importance.
La pluie coule sur ses cheveux et sa peau
La nuit fait briller ses yeux et geler ses os
Mais qu'importe, pieds nus dans la rue
Elle avance, elle ne veut plus de ce monde
Immonde dans lequel elle a été enfermée.
Elle regarde le ciel et sourit
Une brise nocturne fait voler ses cheveux
Mais pourquoi donc la vie... ?
Elle tend la main au loin,
Les mers de la lune ont versé dans ses yeux
Toute leur eau. Quel est ce chagrin
Lunaire ? Elle pleure mais engendre la lumière.
Qui de l'intérieur l'éclaire.
Elle peut être seule, la lune la bercera de sa douce mélodie
Et la protègera durant ces froides nuits.
Au soleil elle gardera caché son secret doré
Qu'elle semble la seule à posséder
Douceur, poésie et beauté
Pareilles à des joyaux précieusement gardés
Le monde est gris, sale et cru
Elle ouvrira son coffret de lune
Et toutes les couleurs peindront la rue.
Elle saura la préserver, c'est décidé
Préserver la poésie de l'humanité,
Telle est sa volonté.
vendredi 20 octobre 2006
Vieux textes [1]
J'ai
écrit ces textes il ya un peu plus de 2 ans (quand j'avais 14 ans je
crois), dans une période assez "prospère" en poésies. Mais bon quand je
les relis, je n'en trouve pas de vraiment très bon, j'aime bien Lune,
mais il reste imparfait. enfin bref, c'est en écrivant qu'on devient
écrivain ^^ (ou poète). Alors ayez un peu d'indulgente pour la jeune
fille naïve qui avait écrit ces textes =/ [et pour moi qui ai un peu
honte d'en poster certains ici]. Donc voilà les deux textes dont j'ai le moins honte [avec Eternel]
LUNE
Le plus précieux des bijoux que la nuit possède :
Une perle étincelante dans sa noire étoffe
N'ayant rien à envier au soleil
Eclat de l'obscur, princesse de la nuit,
Lune, tu éblouis les étoiles de ta triste lumière
La lune, seul trésor que l'on n'ait jamais volé,
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé,
Epie la terre en illuminant ses nuits.
Quand le soleil est las de veiller sur notre chère Gaïa,
Et que sur la planète bleue obscurité
Et malheur remplacent lumière et joie,
La lune, véritable amie, vient nous rassurer, attentionnée
Jusqu'au retour du prétentieux soleil.
Gardienne de la pure nuit,
Elle est l'oeil d'un invisible cyclope
Qui doit être le plus riche des géants,
Pour posséder pareil ornement.
Mais la douce n'appartient à personne,
Si inconstante, changeant toujours de forme.
Le soleil, revenant au petit matin,
A droit à un déjeuner des plus fins,
Puisque goulûment il se régale des meilleurs croissants,
Qui ne réapparaîtront qu'au crépuscule naissant.
COMPLEXE HOMARDIEN
Alors que je ne fais qu'entamer
L'ère si précieuse de mes jeunes années
Que pourtant je voudrais voir défiler.
Que les années deviennent des jours
Et que les heures deviennent secondes,
Que ma personne soit dissociée des têtes blondes.
« Je suis jeune il est vrai, mais aux âmes bien nées,
La valeur n'attend pas le nombre des années. »
Ainsi a parlé le sage Corneille,
Aussi ne jugez pas trop promptement
Ceux que vous pensez ignorants, mais dont l'esprit veille
Car vous surprendre pourraient ces insoupçonnés
Dont vous avez cru sottement
Qu'ils avaient moins de raisonnement
Que vous n'aviez de dents.
Que les mentalités évoluent !
Que les heures nouvelles soient bienvenues !
Que les séniles cessent d'amoindrir les capacités de jouvenceaux
Que jadis ils ont été, et pourtant qu'ils croient sots.
Ainsi naîtront des idées nouvelles
Qui terrasseront les principes obsolètes.
Comme Altaïr, Déneb et Véga la Belle,
Qui font pâlir les autres astres éternels
Dont la lueur de fait plus que vivoter,
Dernier effort de ces mourantes antiquités.
Les jours nouveaux arrivent,
Déjà j'aperçois la rive
Où brûlent les flambeaux du savoir
Qui nous sauverons de l'ignorance noire
Dont on nous a cru chargés, victime de l'enfance
Sachez donc que l'âge n'est pas une tare,
Vous ne le réaliserez que trop tard
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